Mes seuls Dieux – Anjana Appachana

 

Mes seuls Dieux - Anjana Appachana
Mes seuls Dieux – Anjana Appachana

Titre et auteur : Mes seuls dieux d’Anjana Appachana

Maison d’édition : Zulma

Date de publication :  2/05/2013

Nb pages : 228

Résumé : Merveilles d’inventions narratives, ces huit nouvelles entrelacent cruauté inconsciente et enchantement amoureux, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. De la fillette qui s’invente une vie sentimentale en lisant Jane Eyre quand sa soeur aînée se marie, à celle qui porte une dévotion folle à sa mère, les situations se répondent ; si bien qu’on éprouve le sentiment d’être dans l’espace multiple et concerté du roman, au sein d’une famille de la bourgeoisie indienne.

Avis : ★★★★★

J’ai adoré ce recueil de 8 nouvelles. Je suis totalement tombée sous son charme.

J’ai décidé de donner mon avis de manière plus précise sur les deux premières nouvelles pour vous donner envie de le lire et par la suite je synthétiserai mon propos.

La première nouvelle s’appelle Bahu. Elle fait une formidable introduction à tous ces récits indiens et m’a beaucoup touchée. J’ai ressenti la tristesse, le profond malheur de la protagoniste qui n’a pas un seul instant pour elle-même. Tout le monde est contre elle, surtout sa belle-mère et son propre mari. On sent réellement le poids écrasant des traditions s’abattre sur les épaules de la narratrice qui refuse cette conformité. Elle doit faire tant de compromis pour sa belle-famille qu’elle en met presque sa propre vie en pause pour les satisfaire. Le titre résume parfaitement la situation. « Bahu » signifie « belle-fille » et c’est l’unique rôle qu’obtient cette femme malheureuse après son mariage. Elle se sent emprisonnée et veut se libérer de ses chaines, obtenir son indépendance. Cette nouvelle est vraiment passionnante.

La seconde nouvelle porte le titre du recueil à savoir Mes seuls Dieux. C’est une nouvelle très étrange qui porte sur une petite fille qui est atteinte de crises à tout bout de champs. Elle est extrêmement jalouse et possessive envers sa mère et si quiconque s’en approche, elle explose. C’est très étrange parce que j’ai eu la sensation qu’elle n’était qu’une petite fille capricieuse tout au long du récit, une petite fille couvée par sa mère qui ne supporte pas ne pas être son centre d’attention le temps de quelques minutes. Paradoxalement, elle me faisait beaucoup de peine et je me disais qu’elle devait éprouver un profond malheur en elle pour agir ainsi. La fin m’a vraiment bouleversée.

Je ne développerai pas plus mes impressions sur les six autres nouvelles mais toutes, sans exception ont réussi à provoquer en moi des émotions, joyeuses ou néfastes. Il faut savoir que je n’aime pas le genre de la nouvelle à l’origine. Je trouve ça trop court, mal écrit et rarement intéressant. Ici, c’est tout l’inverse et chacune est réellement aboutie. On ne se retrouve pas à la fin d’une nouvelle sans en avoir saisi le message. J’ai adoré cela.

Ces nouvelles traitent principalement de la condition des femmes indiennes. Souvent sous le joug des traditions, de leur mari, elles font presque partie intégrante des maisons qu’elles habitent. On sent cette suffocante importance des traditions. Les récits témoignent également de l’immense et omnisciente présence des divinités dans la culture indienne. En cela, nos cultures respectives diffèrent réellement. Il y a énormément de réflexions sur les croyances et superstitions des indiens dans ce recueil. En plus de cela, des sujets d’actualité y sont relatés comme celui de l’avortement. La nouvelle Prophétie parle de ce thème extrêmement tabou en Inde et j’avoue avoir été choquée par cette histoire.

En bref, Mes seuls Dieux est un recueil extrêmement passionnant qui révèle un grand nombre d’informations sur la culture indienne que nous autres européens ne connaissons peut-être pas vraiment. Certaines nouvelles vont vous choquer, d’autres vont vous faire sourire mais toutes proposent une réflexion tout en étant extrêmement agréable à lire. On ne s’ennuie jamais et les nouvelles défilent devant nos yeux sans que l’on ne s’en rende compte.

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