L’invité du soir – Fiona McFarlane

l'invité du soir

Un grand merci à Manon et les éditions Points ! :) 

Titre et auteur : L’invité du soir de Fiona McFarlane

Maison d’édition : Points (Site/Twitter/Facebook)

Date de publication : 04/06/15

Nb pages : 304

Résumé :

«Ruth s’est réveillée à quatre heures du matin et son cerveau endormi lui a murmuré : « Tigre ».»
Ruth Fields a 75 ans et vit seule avec ses chats, dans une maison isolée de la côte australienne. Sa santé décline, mais elle tient à son indépendance. La vie s’écoule lentement, bercée par le rythme des vagues et le bruit du vent. Mais certaines nuits, Ruth entend un tigre rugir dans son salon. Est-elle en train de perdre la tête ? Ou est-ce une manigance de Frida, l’aide-ménagère depuis peu à son service ?

Avis : ★★★☆☆

Si l’on peut dire une chose sur ce roman, c’est qu’il sait jouer avec les nerfs et l’esprit du lecteur à merveille (les miens en l’occurrence) !

Nous faisons la rencontre de Ruth, une veuve de 75 ans qui vit paisiblement dans sa maison de vacances avec ses chats. Un jour, une femme, Frida, se présente à sa porte et affirme être une aide-ménagère envoyée par le gouvernement pour aider Ruth sans qu’elle ne débourse un centime de sa poche. A partir de là, la vie de Ruth se trouve chamboulée, sans compter le fait qu’elle entend un tigre roder dans sa maison la nuit…

J’ai aimé ce roman mais bon sang ce qu’il m’a donné du fil à retordre ! J’ai ressenti tellement de sensations contradictoires à sa lecture, j’ai rarement été dans un tel état d’agitation !

Tout d’abord, je dois avouer que je me suis ennuyée les cent premières pages. Les dix premières pages donnent une impression positive sur le roman, on a la sensation qu’il va se passer plein de choses et voilà que la centaine de pages qui suit est assez fade. Il ne se passe pour ainsi dire rien. Ruth et Frida mènent leurs petites vies tranquillement et se racontent leurs souvenirs antérieurs qui ne m’ont pas vraiment convaincue. Je me demandais à quoi servaient ces passages, impatiente d’enfin trouver le rapport avec le résumé.

Puis, le premier tiers du livre passé, l’action commence à s’emballer et c’est là que débutent, à mon sens, les choses sérieuses. J’ai ressenti un grand malaise durant le deuxième tiers du livres (donc de la page 200 à 300 à peu près) car la relation qui unie Ruth à son aide-ménagère est vraiment déstabilisante. Leurs rapports sont un peu dégradés et l’on commence à sentir une ambivalence dans les perceptions de chacune vis-à-vis de l’autre. Moquerie, condescendance, amour, admiration, tous ces sentiments se mélangent d’une manière particulièrement réussie mais somme toute dérangeante.

Je ressentais beaucoup d’empathie pour Ruth qui est un personnage très attachant. Elle semble afficher un air un peu snob, un peu mondain en apparence mais est en réalité une femme naïve, gentille et douce de nature. L’envie de la protéger se fait sentir et la compassion à son égard devient plus prononcée. A l’inverse, le personnage de Frida provoque un sentiment de malaise très puissant car l’on hésite constamment à la considérer comme un personnage profondément attentionné mais maladroit, ou comme un personnage fourbe et machiavélique. Ce trouble inséré par l’auteur est franchement réussi bien qu’extrêmement perturbant.

Un personnage m’a extraordinairement agacé durant tout le récit, il s’agit de Jeffrey, un des deux fils de Ruth. Distant, à la limite de l’individu constamment exaspéré donc méprisant envers sa mère, il m’a hérissé les poils plus d’une fois et ce jusqu’à la fin. Il semble émaner de lui une espèce d’inquiétude indifférente envers sa génitrice et c’est encore une fois un sentiment très troublant.

Tous les personnages paraissent presque bipolaires, inquiétants. Chacun d’entre eux provoquent des émotions paradoxales et ça m’a rendue vraiment nerveuse puisque je ne pouvais pas me reposer véritablement sur un aspect de leurs personnalités sans en être écartée par la suite.

Le dernier tiers du roman est vraiment puissant émotionnellement! Le suspens et l’angoisse montent crescendo, l’inquiétude est à son apogée et c’est vraiment à la limite de l’insupportable ! Fiona McFarlane est incontestablement très forte pour arriver à maintenir un tel niveau de suspens. Néanmoins, il est retenu tellement haut et tellement longtemps que c’en devient presque intolérable. J’avais vraiment envie de sauter toutes les pages pour aller à la fin et comprendre tout ce qui se passait, pourquoi tout est étrange dans cette maison à l’écart de tout, qui est véritablement cette Frida qui semble si louche, qu’arrive-t-il à Ruth qui a manifestement perdu toute raison ? Toutes ces questions se chamboulent et c’est une véritable torture infligée au lecteur que de maintenir un suspens aussi intense sur une si longue période ! Heureusement, vient la fin qui apporte le soulagement du dénouement (même s’il est ambigu lui aussi – et le contraire aurait été dommage) !

En bref, je trouve que L’invité du soir est un roman puissamment psychologique avec un suspens incroyable et l’auteur manie parfaitement son sujet. Je regrette cela dit qu’un tiers du roman soit complètement hors sujet à mon sens par rapport aux deux autres parties qui lui sont largement supérieures. J’ajoute à cela que l’ambiance générale du récit a provoqué en moi tellement d’impatience et de nervosité que j’en sors vraiment agitée psychologiquement. A lire pour tous ceux qui aiment les récits étranges, au suspens insoutenable et qui n’ont pas peur de voir leurs nerfs mis à rude épreuve ! :)

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