Taipei, Histoires au coin de la rue – Collectif

Merci aux éditions L’ Asiathèque & le bdp Sabine Arman pour cette jolie découverte !

Titre et auteur : Taipei, Histoires au coin de la rue  

Maison d’édition : L’Asiathèque (Site/Facebook/Twitter)

Date de parution : 03/05/17

Nb de pages : 230

Résumé :

Ce recueil qui réunit des nouvelles d’auteurs taïwanais contemporains, propose une plongée dans l’atmostphère de la ville de Taipei, telle qu’elle est ressentie par une série de personnages souvent transplantés dans la métropole à la suite d’événements politiques, de drames familiaux ou pour des raisons économiques. Parmi eux, des jeunes gens de diverses origines, confrontés à des moments douloureux de leur existence, qui s’interrogent sur leur identité et leur avenir. En intermèdes à ces récits au climat parfois âpre, sombre et violent, des échappées dans de petits restaurants de rues de la capitale ménagent au lecteur des haltes savoureuses. Elles sont l’œuvre de Shu Kuo-chih, bien connu à Taiwan pour ses chroniques gastronomiques.

Avis : ★★★★★

Taipei, Histoires au coin de la rue est une anthologie de nouvelles très intéressante que je suis ravie d’avoir lue !

Ce livre est un bouillon de culture. Dès la première nouvelle, c’est une ode à l’écriture qui se profile.

Le recueil se compose de nouvelles qui ont toutes pour point commun le contexte taiwanais (de Taipei, plus précisément) de manière plus ou moins prégnante selon les plumes. Dans la préface, l’histoire de Taipei nous est narrée ainsi qu’un développement pour chaque nouvelle sur son contexte et son auteur. C’est très intéressant !

Le recueil a une originalité : entre chaque nouvelle, une chronique culinaire fait son apparition sous nos yeux d’abord étonnés. Quand j’avais lu la chronique de Que lire ?, je dois avouer qu’ensuite j’appréhendais un peu le fait qu’il y ait ces fameuses chroniques ponctuant le recueil. Je me suis dit que c’était un peu loufoque. Et bien, une fois le nez plongé dans le livre, je me suis rendu compte que ça ne dérangeait pas du tout la lecture, bien au contraire ! Ces interludes gastronomiques se marient à merveille avec tout l’univers de l’anthologie Ça nous fait voyager, on s’imagine manger son bol de nouilles au bœuf halal ou le curry de chez Wuyün, on se surprend à rêver. C’est une brillante idée à mon sens (qui donne faim) !

Concernant les nouvelles en elles-mêmes, j’ai été complètement séduite. Il y a des nouvelles sombres comme « La rue de Lungch’üan » de Lin Yao-teh qui m’a beaucoup marquée par sa violence et sa chute. Il y a des nouvelles qui mettent aussi tous les sens en éveil, pour le meilleur comme pour le pire. Je pense notamment à « Une histoire de toilettes » de Wu Ming-Yi qui est très originale ! On trouve aussi dans ce recueil des nouvelles émouvantes comme « La carte d’identité d’un inconnu » qui m’a particulièrement touchée. Les passages à la première personne entre parenthèses de cette nouvelle sont très doux, et pourtant le dénouement est tragique. Et puis il y a des nouvelles desquelles ressort une modernité déconcertante. Je ne m’attendais pas du tout à autant de fraîcheur, de jeunesse, comme dans « Videoman » que j’ai adoré.

De manière générale, ce sont des nouvelles très puissantes dans leurs messages, leur naturel ou leurs ambiguïtés. Je ne suis pas adepte de recueils de nouvelles en général, mais j’ai été agréablement surprise et conquise de surcroît. Cela m’a fait penser à ma découverte du recueil de nouvelles d’Anjana Appachana, Mes seuls dieux qui m’avait bouleversée. Il faut croire que ce sont simplement les recueils de nouvelles françaises qui me déplaisent !

Un point extrêmement positif concernant Taipei, Histoires au coin de la rue pour finir : Ca m’a donné envie de lire d’autres livres en découvrant des auteurs taiwanais dont je n’avais jamais entendu parler. Par exemple, j’ai découvert Wu Ming-Yi avec ce recueil et il a écrit Le magicien sur la passerelle que je vais lire de manière imminente. Ou encore, j’ai découvert Chi Ta-Wei et le fait qu’il a écrit Membrane, un roman qui me tente énormément et que je compte lire prochainement en raison de ses thèmes qui m’inspirent et me plaisent (SF, homosexualité, question du genre).

En définitive, Taipei, Histoires au coin de la rue est un recueil de nouvelles très prenant. Chaque histoire a son propre univers bien que toutes se rejoignent sur le thème central qu’est Taipei. Je ne saurais que conseiller cette lecture dépaysante et originale. Je suis pour ma part ravie d’avoir pu sortir des sentiers battus de la littérature générale avec ce recueil !

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