Parle-moi d’amour – Philippe Claudel

Parle-moi d'amour de Philippe Claudel
Parle-moi d’amour de Philippe Claudel

Titre et auteur : Parle-moi d’amour de Philippe Claudel

Date de publication : 08 février 2012

Maison d’édition : Livre de poche

Durée lecture : 128 pages – 25 avril 2015

Résumé :  Femme : Les enfants ! Comme si tu les connaissais ! Tu t’en es préoccupé de tes enfants ?

Homme : J’ai toujours eu leurs photos sur mon bureau !

Femme : Et c’est en les regardant en photo que tu les as élevés peut-être ? C’est toi qui les as torchés ? Tu t’es réveillé la nuit lorsqu’ils étaient malades ? Tu les as consolés quand ils pleuraient ? Tu les as emmenés au zoo, au cirque, au jardin d’enfants, au Luxembourg pousser des bateaux, faire du poney ?

Homme : Chaque année je faisais le père Noël !

Femme : Tu l’as fait deux fois ! Et en plus tellement mal qu’ils t’ont reconnu tout de suite ! Et les anniversaires ? Tu étais là pour les anniversaires avec les copines et copains qui dévastaient systématiquement l’appartement, se gavaient de bonbons et vomissaient ensuite leurs chamallows dans tous les coins ? C’est toi qui t’es fait engueuler par les instituteurs, les professeurs, les principaux, les proviseurs ?

 Avis : ★★★☆☆

Parle-moi d’amour est une pièce en un acte qui repose sur beaucoup d’humour et surtout, sur une bonne grosse dispute de couple. L’origine ? Un diner avec le patron de l’homme de la pièce, accompagnée de sa femme et ses collègues. Durant tout le livre, les deux actants sont appelés « femme » et « homme », très sobrement. J’ai apprécié cet anonymat qui permet de s’identifier, en tant que Monsieur et Madame tout-le-monde avec ces deux-là.

Il y a dans cette pièce un grand ressort comique. Beaucoup de passages m’ont bien fait rire et plusieurs m’ont fait sourire. C’est vulgaire, passionné, spontané, enragé, le dialogue surgit du fond du cœur.

Les deux personnages parlent, ou du moins, se disputent à propos de mille et un sujets. Leur altercation semble être un puits sans fond, ils sont intarissables et partent, de fil en aiguille, dans des sujets de plus en plus truculents.

Finalement, c’est toute la vie du couple qui est mise en défaut, remise en cause, du détail le plus insignifiant à l’éducation de leurs enfants en passant par leur rencontre. Les deux représentent des personnages stéréotypés mais qui, je pense, feront écho à plus d’une personne. Une artiste incomprise, mère surprotectrice et un technocrate cireur de pompe, peu intéressé par la vie de ses enfants. On en vient à se demander : Mais pourquoi sont-ils en couple ? Ils sont aux antipodes de l’un et l’autre.

Tout le monde en prend pour son grade durant leur dispute : les animaux, les enfants, l’éducation nationale, l’ENA, leurs collègues, les psychanalystes, les Jauffrin, la chirurgie etc… Tout ! Tout cela continuellement ponctué de l’évocation de Skisistorn, le fameux collègue de l’homme, élément déclencheur de la fureur de ce dernier.

On se demande bien tout au long de la lecture quel est le but de cette mise en scène, jusqu’à la scène finale…

En revanche, j’émets quelques réserves quant au rythme du récit qui épuise un peu le lecteur et donne une sensation de traîner en longueur. Je regrette également un emploi abusif du mot « salope » qui, personnellement m’horripile !

Une bonne lecture qui permet de rire un peu de ce couple pathétique, qui pourrait pourtant s’apparenter à n’importe qui…

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