Mon ami Frédéric – Hans Peter Richter

Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter
Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter

Titre et auteur : Mon ami Frédéric de Hans Peter Richter

Date de publication : 22 octobre 2014

Maison d’édition : Livre de poche jeunesse

Durée lecture : 224 pages – 28 au 29 avril 2015

Résumé :  En Allemagne, avant la guerre, deux enfants sont inséparables. L’un d’eux s’appelle Frédéric. Il est juif. Lorsque Hitler prend le pouvoir en 1933, la situation de la famille de Frédéric devient de plus en plus. Jusqu’à ce que le dictateur décide que les Juifs n’ont pas le droit de vivre : on les insulte, on les chasse, et bientôt Frédéric est renvoyé de l’école…

 Avis : ★★★★★

Si je ne devais dire qu’une chose à propos de Mon ami Frédéric, ce serait : Lisez-le. Ce roman est un puits de savoir, d’émotions, un véritable livre contre la bêtise et l’obscurantisme.

Ne vous fiez pas au fait que la lecture de ce roman soit notifiée « A partir de 10 ans » parce qu’honnêtement, je ne suis pas certaine qu’un enfant de cet âge-là soit en mesure de saisir l’intégralité du texte. Le vocabulaire utilisé n’est parfois pas des plus courants et toutes les informations sur la religion exposées ne sont pas à mon sens, compréhensibles des enfants (en tout cas pas sans explications à côté).

Ce livre est certes un roman, mais il décrit parfaitement la vie allemande durant la seconde guerre mondiale et principalement, l’oppression des juifs allemands sous le commandement d’Hitler. A travers l’histoire de deux amis, le narrateur et Frédéric, le lecteur découvre l’horrible pression que subissent les juifs allemands de cette époque et la lente progression de leur rejet de la société.

Ce roman a une forte visée didactique qui est très intéressante. J’ai découvert, malgré mes 20 ans, énormément de choses que je ne me souviens pas avoir apprises à l’école, ce qui est fort regrettable. Cette lecture devrait être imposée et expliquée au collège. A la fin, le livre comporte une annexe apportant des précisions contextuelles pour certains des chapitres, ainsi qu’une chronologie rendant allègrement compte du retrait progressif des droits des juifs allemands. Au fur et à mesure des années, de manière tout à fait vicieuse, des droits fondamentaux comme des choses banales sont retirés aux juifs. Certaines choses sont tout simplement aberrantes (mais réelles) comme le fait qu’une femme de ménage non-juive de moins de 45 ans n’ait plus le droit de travailler dans le foyer d’une famille juive. L’interdiction d’avoir des animaux de compagnie, le retrait du droit de vote, l’interdiction de prendre les transports en commun, l’annulation du mariage entre juif et non-juif etc…

Ce roman permet amplement de prendre conscience de ces abominations par l’intermédiaire de la famille Schneider, la famille de Frédéric qui, au fil de l’histoire, est de plus en plus persécutée. Les malheurs s’abattent sur eux au fur et à mesure, toujours de manière ascendante. La protection des locataires n’est plus effective et ils doivent quitter leur logement, M. Schneider qui est pourtant fonctionnaire est viré etc… Ce qui m’a le plus marquée, c’est qu’à la fin de chaque chapitre, la question posée est « pourquoi arrive-t-il telle ou telle chose ? ». La réponse est donnée, en tant qu’unique et infaillible argument de l’époque « Parce que tu es juif ». C’est d’une telle injustice, une telle aberration. Cette lecture m’a été aussi enrichissante qu’exaspérante parce qu’avec mon regard de contemporaine je n’arrive pas à concevoir que ce genre de choses ait pu exister.

D’une tristesse et d’un réalisme absolu, je conseille réellement ce roman à absolument tout le monde, pour comprendre la propagande de l’époque, s’immerger dans l’univers de la jeunesse hitlérienne et apprendre tout un tas de choses que l’on ne nous apprend pas forcément à l’école. Cette lecture est extrêmement enrichissante, tant sur le plan intellectuel qu’émotionnel.

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