L’occupation – Annie Ernaux

L'occupation - Annie Ernaux
L’occupation – Annie Ernaux

Titre et auteur : L’Occupation d’Annie Ernaux

Maison d’édition : Folio

Date de publication : 15/09/2003

Durée lecture : 75 pages – Le 21/03/2015

Résumé :

J’avais quitté W. Quelques mois après, il m’a annoncé qu’il allait vivre avec une femme, dont il a refusé de me dire le nom. A partir de ce moment, je suis tombée dans la jalousie. L’image et l’existence de l’autre femme n’ont cessé de m’obséder, comme si elle était entrée en moi. C’est cette occupation que je décris. A. E

Avis : ★★☆☆☆

Annie Ernaux ou comment raconter une période de sa vie de façon objective, concise, sans artifice. J’avais déjà lu un de ses romans, La Place qui ne m’avait pas touché dans mes années lycées (lecture forcée par le cursus scolaire, mais que je relirai), il m’avait néanmoins marqué. Par cette écriture brève, saccadée.

J’ai donc été surprise en comparant La Place et L’occupation par la manière d’écrire. Dans L’Occupation, l’écriture est également concise mais beaucoup plus fluide.

Je suis impressionnée par cette manière d’écrire qui me paraît être sans sentiment. Ecrire sa propre histoire de façon si objective est vraiment intéressant. Je suis également sensible au thème qu’est la jalousie. Ce sentiment qui nous ronge complètement sans que l’on puisse faire quoi que ce soit pour le calmer. C’est un sentiment irrationnel que l’auteure décrit très bien à travers son expérience intense.

Sa manière de raconter ce passage de sa vie, sans honte, parler de la sexualité, de l’amour, de la jalousie comme on parlerait d’un repas, c’est-à-dire de manière absolument normale, sans gêne, me plait. Annie Ernaux comme elle le dit si bien ne ressent aucune honte à écrire ce qu’elle a vécut grâce à la barrière que crée le livre entre l’auteur et le lecteur.

J’aime le fait que l’on puisse rentrer dans son intimité à travers son écriture. Elle nous offre un événement de sa vie, on le lit, ça nous fait écho à la notre –ou pas d’ailleurs, et puis voilà. Je trouve cette simplicité déroutante parce que je sais que cette lecture ne m’a pas dérangée mais ne m’a non plus ravie. Elle m’a fait réfléchir le temps de la lecture et ça s’arrête là. Et je n’ai pas envie d’en savoir plus. C’était plaisant sur le moment. C’est le genre de lecture qui nous fait rentrer dans la vie d’une autre l’espace d’une heure et puis l’on reprend la notre sans que ce récit ne l’inspire. J’aime cela autant que ça me dérange.

Comme ce récit, la complexité ressenti fait son petit bonhomme de chemin pour s’éteindre soudainement.

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