L’histoire du loser devenu gourou – Romain Ternaux

loser gourou

Merci aux éditions Aux Forges de Vulcain pour la lecture de ce roman en avant-première ! ☺

Titre et auteur : L’histoire du loser devenu gourou de Romain Ternaux

Maison d’édition : Aux forges de Vulcain

Date de publication :  29/10/15

Nb pages : 183

Résumé :

Dans cette farce burlesque, notre antihéros, qui restera sans nom, est l’archétype du loser moderne, vaincu par la société : alcoolique, sans emploi, en proie à la plus profonde misère sexuelle et amoureuse. Poussé par ses parents, il accepte un emploi d’homme à tout faire dans une riche fondation qui se révèle être une secte. Par une suite de quiproquos, il va se retrouver patron de cette secte, qui réunit principalement de riches bourgeois érotomanes. Mais ce jeu de masques, ce retournement subversif des valeurs et des positions, ne va pas le rassurer pour autant et, ainsi parvenu au sommet de la pyramide sociale et sexuelle, il va découvrir qu’il ne désire pas plus être maître qu’il ne désirait être esclave. Dans cette fable faussement innocente, mâtinée d’humour trash et de scènes rocambolesques, Romain Ternaux se livre à une destruction méthodique de tout ce qui fait une société : famille, travail, amour. Construit comme un vaudeville surréaliste, cette aventure piège son antihéros comme son lecteur dans une vertigineuse et folle escalade, dont rien ni personne ne sortira indemne. Lorgnant à la fois vers Gaston Lagaffe, vers les Deschiens, vers cette littérature américaine peuplée de vaincus magnifiques (Bukowski, Hunter S. Thompson), L’histoire du loser devenu gourou est un grand éclat de rire de la puissance de ceux qui font exploser nos contradictions et nos faux-semblants.

Avis : ★★★★☆

L’histoire du loser devenu gourou est un roman trash, un roman cru, très drôle, un peu dans la lignée de La pire. Personne. Au monde. de Douglas Coupland sans la visée clairement dénonciatrice.

Comme titre explicite, on ne fait pas mieux ! On fait en effet la rencontre du narrateur, un gros loser d’une vingtaine d’années, écrivain alcoolique, obsédé sexuel à tendance légèrement homicidaire (légèrement oui…). Ses parents lui trouvent un job de balayeur dans le gros bâtiment gris que tout le monde sait appartenir à une secte, sauf le narrateur bien entendu. Ce dernier, de péripéties en conneries, se retrouve bientôt à la tête de cette secte pour le plus grand plaisir du lecteur –sadique.

Ce roman est fou. On y trouve du sexe (frôlant parfois la limite de la pédophilie), de la violence (allant carrément jusqu’au meurtre), du désespoir (le narrateur transpire la consternation de tous ses pores) et j’en passe. Bref, on trouve un peu de tout et ce tout part à chaque fois d’une base socialement respectable pour finalement éclater le seuil de l’extrême. C’est ce qui fait la force du roman, j’ai adoré ce point ! Une palette de vices s’offre à nous pour nous horrifier autant que nous faire rire car l’auteur a beaucoup d’humour !

Le narrateur est une calamité ambulante et forcément, tout ce qu’il fait amène le lecteur à rire (sadiquement, il faut l’avouer) à ses dépends. De son allure, de ses tares, à son langage, son personnage intégral représente une farce à lui tout seul. Il a un côté attachant qui fait que l’on suit avidement ses aventures, tout en espérant qu’il lui arrive des milliers de malheurs pour alimenter notre divertissement. Une chose est sûre, on ne s’ennuie jamais avec lui ! Il m’a fait de la peine mais m’a parfois horrifiée, ce personnage est ambivalent et ne peut pas par conséquent, lasser le lecteur.

Le langage utilisé m’a plu puisqu’il s’agit d’un langage familier que l’on rencontre à tous les coins de rue. Il ajoute du réalisme et permet au lecteur lambda comme moi, de s’identifier assez facilement. Si j’ai particulièrement aimé cela lors des dialogues, j’ai eu un peu de mal à m’y faire dans la narration, notamment à cause des négations inexistantes du genre « j’ai pas fait… ». Je m’y suis accoutumée mais c’est plutôt déroutant en premier lieu.

Bref, L’histoire du loser devenu gourou est un roman très drôle à condition d’aimer le trash, l’expression du vice sans tabou et les losers incapables d’entreprendre quelque chose sérieusement. J’ajoute que la fin du roman m’a particulièrement surprise puisqu’elle diffère du reste et permet de nombreuses interprétations (ou alors mon cerveau déborde d’imagination mais j’ai plusieurs pistes qui pourraient expliquer cette finalité).

Je tiens également à préciser que je possède une épreuve sans couverture ce qui est fort dommage car la couverture de ce roman est, il faut le dire, la meilleure qui puisse exister sur cette planète ! Un chef d’œuvre ! J

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