Lady Susan – Jane Austen

Lady Susan

Titre et auteur : Lady Susan de Jane Austen

Maison d’édition : Folio

Date de publication :  11/05/06

Nb pages : 128

Résumé :

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question… Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Avis : ★★★★☆

Je peux le dire, je suis amoureuse de l’écriture de Jane Austen.

Lady Susan est une œuvre mineure de Jane Austen mais je l’ai trouvée particulièrement savoureuse. Une chose me chiffonne seulement : C’est bien trop court !! J’en voulais encore !

Il s’agit d’un court roman épistolaire qui m’a un peu fait penser aux Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos (qui lui est un pavé par contre). En plus d’être écrit sur le principe de la correspondance, la marquise de Merteuil et Lady Susan se ressemblent sur bien des aspects.

Lady Susan est une jeune veuve de trente-cinq ans au caractère, on peut le dire, odieux. Elle est tellement manipulatrice que c’en est respectable tant elle retourne tout à son avantage. Le lecteur, au courant de chaque fait pourtant avéré, en viendrait même parfois à douter tant ses arguments font sens en tout point. Elle est sincèrement dénuée de tout scrupule et tellement hypocrite, que j’avoue l’avoir véritablement admirée durant toute ma lecture. Sa duplicité est sans égal.

L’intrigue principale de ce roman se déroule entre Lady Susan et Reginald de Courcy. Ce dernier, frère de Mme Vernon, la femme de M. Vernon, frère du défunt mari de Lady Susan (ça va, vous suivez ?) a une bien piètre opinion de la veuve avant son séjour chez les Vernon. Il sait combien elle est fourbe et se délecte d’avance de la mettre à mal lors de sa visite. Lady Susan, sans un sou, est effectivement également chez les Vernon pour se faire entretenir en quelque sorte.

A partir de là, nous assistons à travers les yeux de Mme Vernon, qui correspond avec sa mère Lady de Courcy, à la transformation de Lady Susan qui cherche à s’attirer les faveurs de Reginald. Elle tient si admirablement son rôle d’honnête dame qu’elle fait plusieurs fois douter Mme Vernon malgré son avis tranché.

J’avoue que la naïveté de Reginald de Courcy m’a insupportée. Prétentieux à souhait avant son arrivée, en raison de ses connaissances sur Lady Susan, il devient vite le benêt de l’histoire en se faisant attraper dans la toile de la veuve. Heureusement que Mme Vernon est présente car je me suis beaucoup attachée à elle, en espérant de tout cœur qu’elle nous apprenne à moi, lectrice, et à sa mère, Lady de Courcy, que la vérité allait enfin triompher.

Un autre personnage m’a particulièrement émue et il s’agit de Frederica, la fille de Lady Susan qu’elle maltraite moralement d’une ignoble façon. La pauvre enfant parait terrifiée à chaque fois qu’elle se trouve en présence de sa mère. Lire cette dernière parler de sa fille comme de la plus idiote de toute est vraiment insupportable et l’on comprend clairement qu’elle ne l’aime pas du tout. Peut-être est-elle jalouse de sa fille dont elle nie l’évidente beauté ainsi que ses compétences…

En bref, Lady Susan est un court –mais dense- texte très prenant qui se focalise sur le personnage éponyme dont le caractère est ahurissant. On se délecte de sa mesquinerie autant qu’elle nous effare. Comme dans Orgueil et Préjugés, le sarcasme, bien mené sous la plume de Jane Austen opère de manière saisissante et c’est avec un immense plaisir que je me languis de lire un autre de ses romans.

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