La maître des apparences – Jane Gardam

le maître des apparences

Merci aux éditions JC Lattès et Thomas de Myboox pour la réception de cet ouvrage dans le cadre d’un appel aux lecteurs. :)

Titre et auteur : Le maître des apparences de Jane Gardam

Maison d’édition : JC Lattès

Date de publication : 26/08/15

Nb pages : 380

Résumé :

Véritable légende dans le milieu très fermé de la justice britannique, Sir Edward Feathers, surnommé Filth, est né en Malaisie, a fait ses études en Angleterre et poursuivi sa carrière à Hong Kong. Désormais à la retraite, Filth mène avec sa femme Betty une vie apparemment paisible dans une confortable maison de la campagne anglaise. Impassible en toutes circonstances, il a pourtant eu un destin hors du commun.

Le Maître des apparences est considéré comme le chef-dœuvre de Jane Gardam. Une enfance misérable à la Dickens, des amours mélancoliques et des secrets inavouables composent le puzzle de la vie extraordinaire du juge Filth.

Un roman riche en rebondissements, très émouvant et à lhumour typiquement anglais.

Avis : ★★☆☆☆

Je vous le dit tout de suite, je suis passée à côté de ce roman. Je l’ai ouvert avec empressement et enthousiasme, j’en suis ressortie avec déception.

Dans ce roman, nous faisons la rencontre de Filth (Sir Edward Feathers), un juge à la retraite. Au fur et à mesure des pages, découlent les épisodes les plus marquants de sa vie, de son enfance en Malaisie à sa carrière à Hong Kong, en passant par ses études en Angleterre.

Je suis déçue par ce récit. Je me sens un peu « trompée » par le résumé qui me semble vraiment racoleur par rapport au contenu véritable du livre. Ce roman a été encensé par la critique anglaise et j’avoue que je me faisais une joie de le lire, j’en attendais beaucoup –en vain.

Tout d’abord, je m’attendais réellement à ce qu’il soit question de justice, de droit, de procès. Eddie a été avocat et juge, n’est-il pas normal de penser qu’il s’agit donc d’un récit d’expérience de ce corps de métier ? En réalité, le rapport au fait qu’il exerce cette profession est pour ainsi dire inexistant.

Je suis troublée car j’ai aimé le personnage de Filth qui m’a bouleversée à certains moments, sa vie étant franchement peu banale et parsemées d’épreuves difficiles à surmonter. Malheureusement, j’ai ressenti durant toute ma lecture un ennui très prononcé car la narration ne m’a pas du tout séduite. J’ai eu le sentiment que le récit était lisse, un peu « vieillot ». L’émotion vient du personnage et de sa psychologie, que je trouve très bien construits. En revanche, la plume de l’auteur concernant la narration d’événements (et je ne parle pas des descriptions…), m’a vraiment endormie, lissant des passages importants qui devraient pourtant être exaltants.

En effet, ce ne sont pas les actions qui manquent. La vie d’Eddie est profusément riche en rebondissements, en incidents graves, en voyages, en décès même, tout y passe. Tout le fil conducteur est censé nous maintenir en haleine, de secrets en révélations, de coups d’éclat en soulagement. Je dis bien « censé » car, et j’en suis vraiment désolée, la manière qu’a l’auteur de relater tout ceci est presque soporifique. Aucun sentiment ne transpire des pages, rien ne va de travers, tout est propre, tout est parfaitement mesuré, -trop.

J’ai été séduite durant toutes les parties où nous sommes en compagnie du vieux Filth, homme d’expérience, traumatisé par on ne sait quoi jusqu’au dénouement final. Son vécu m’a touché, sa personnalité m’a émue. En revanche, toutes les parties relatant sa jeunesse n’ont pas réussi à me convaincre (et elles sont, à mon grand dam, bien plus nombreuses).

Les changements temporels sont difficiles à suivre, on passe du vieillard, à l’enfant, à l’adolescent sans vraiment comprendre. Cela rajoute une difficulté de compréhension. Je n’ai pas non plus été emballée par ce fameux « humour typiquement anglais » : je ne l’ai que brièvement aperçu par petites touches.

Seule la fin m’a véritablement tenue en haleine puisqu’il s’agit de toutes les révélations concernant les secrets enfouis de Filth. J’ai été soulagée d’enfin comprendre de quoi s’agissait le problème de la fameuse « Ma Didds », évoqué à moult reprises dans le texte depuis le début. Ses confessions au père Tansy sont émouvantes et l’on sent la libération d’un poids énorme dans le cœur du vieux Filth.

En bref, je n’ai pas vraiment été séduite par ce roman que j’ai trouvé un peu ennuyeux en raison de la narration trop plate, trop lisse et sans défaut, presque sans charme pour le coup. Ma déception est très certainement due également au résumé trompeur et aux éloges offertes à ce roman qui d’instinct, augmentent les exigences, immédiatement écrasées de désillusion à la lecture.

 

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