La cache – Christophe Boltanski

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Lu dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire de lecteurs.com que je remercie ainsi que les éditions Stock. 

Titre et auteur : La cache de Christophe Boltanski

Maison d’édition : Stock

Date de publication :  19/08/15

Nb pages : 344

Résumé :

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nousmemes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnetes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la reversibilite des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sur. Cette apprehension, ma famille me l’a transmise tres tot, presque a la naissance. »

Que se passe-t-il quand on tete au biberon a la fois le genie et les nevroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-pere qui se pensait bien francais, mais voila la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entredeux », comme un clandestin ? Quel est l’heritage de la peur, mais aussi de l’excentricite, du talent et de la liberte boheme ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre
qui aurait pu tout engloutir ?

La Cache est le roman-vrai des Boltanski, une plongee dans les arcanes de la creation, une education insolite « Rue-de-Grenelle », de la Seconde Guerre mondiale a aujourd’hui. Et la revelation d’un auteur.

Avis : ★★★☆☆

La cache est un roman que j’ai apprécié mais qui me laisse un peu le goût de l’ennui, comme un récit familial dont l’intérêt aurait été atténué par son imposante longueur.

Le commencement de ma lecture fut un peu houleux. J’ai difficilement réussi à rentrer dans le récit. En cause ? Une multitude de personnages/personnes dont on  ne connait pas les noms nous est imposée, seulement identifiés en tant qu’ « il » ou « elle ». En plus de cela, je comprenais que chacun entretenait un lien avec les autres mais je n’arrivais pas à savoir lequel. La cache s’apparente à un arbre généalogique sous forme de roman, à une fresque familiale qui se complète au fil des recherches menées. Chaque membre de cette famille apporte quelque chose d’extravagant qui rend cette dernière de plus en plus attachante. Malgré tout, j’ai eu tout au  long du texte l’impression de m’immiscer dans une histoire très personnelle, racontée sur un ton presque trop confidentiel. Mon  sentiment fut que  la reconstitution historique de cette famille apportait un immense intérêt généalogique à l’auteur et ses proches mais n’apportait rien d’éminemment intéressant au  lecteur. Une histoire familiale peut-elle vraiment être exposée à un public qui ne fait justement pas partie de cette famille si unie, si proche ?

Les cent premières pages présentent les protagonistes, sans le contexte. On nous parle d’ « elle » ou de « lui », de « Mère-Grand » ou de « moi », en leur attribuant des gestes quotidiens, des habitudes sans pour autant savoir qui ils sont précisément. Le flou dans lequel reste volontairement le narrateur est très troublant. Je m’imagine que n’importe quel membre de la famille Boltanski saura identifier de qui on parle mais pour un lecteur non-initié, c’est terriblement perturbant. Après ce cap franchi, de nombreuses informations nous parviennent finalement pour notre plus grande satisfaction de lecteur curieux. L’atmosphère brumeuse subsistera tout au long du récit, mais le voile se lèvera toujours un peu plus à chaque page.

L’organisation du roman est très intéressante puisque le récit suit le schéma de l’appartement dans lequel a vécu  la famille Boltanski, Rue-de-Grenelle à Paris. Au gré des pièces (qui sont d’ailleurs dessinées sur chaque page de nouveau chapitre), de nouvelles personnalités apparaissent ou s’approfondissent, éclairant ainsi toujours un peu plus cette intrigante famille. On comprendra, au fur et à mesures de ces découvertes le sens de cet intrigant titre « La cache ».

En plus de son histoire personnelle, Christophe Boltanski évoque l’Histoire. De France, de Russie, d’Allemagne. Des événements de par le monde sont exposés et se mélangent à sa vie familiale. Principalement invoqué dans ce récit, la persécution progressive des juifs durant la seconde guerre mondiale. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Durant toute une partie, le narrateur nous raconte le vécu de son grand-père par rapport à cela et ceci ne peut provoquer qu’un tumulte d’émotions, tant l’antisémitisme ambiant est rendu de manière réelle. Un autre personnage m’a particulièrement émue, il s’agit de sa femme, la grand-mère du narrateur, appelée notamment « Mère-Grand ». (Je dis « appelée notamment » puisque tous les aïeux de notre narrateur ont plusieurs identités qui vous seront dévoilées au fil du texte.) Coquette, emplie de fierté malgré son infirmité, on sent une puissance et une telle force d’esprit de sa part que c’en devient désarmant et fabuleux.

J’ai aimé l’authenticité des souvenirs dévoilés, justement par la comparaison de chacun des membres de la famille. La mémoire de l’un diffère de l’autre, offrant ainsi des points de vue opposés sur un même sujet. De la même manière, j’ai apprécié la façon dont l’auteur apparente ses recherches à une partie de Cluedo, rendant le récit intéressant et divertissant.

Lorsque je me retrouvais lésée à certains moments de ma lecture, par un manque d’informations (volontaire de la part de l’auteur, mais somme toute gênant), je me suis amusée à aller approfondir certains faits en faisant des recherches sur internet. J’ai notamment trouvé très intéressantes toutes les parties qui relatent des événements concernant André Breton et les retrouver sur le net. Principalement sa relation avec Théodore Fraenkel qui, je ne sais pas pour quelle raison, m’a passionnée.

La cache est finalement un roman qui m’a par moment désabusée à cause de sa lenteur et sa complexité, mais touchée par les sentiments profonds ressentis. Le texte m’a en effet paru être tiré en longueur, donnant l’impression que l’auteur cherchait à créer encore et toujours plus de suspens. Au final, il provoque plus de perplexité et d’incertitudes irritantes que de mystère et c’est bien dommage. Je vous avoue que ce roman m’a plu sur certains aspects forts (tout ce qui concerne l’Histoire), mais je n’ai pas vraiment réussi à rentrer dedans de manière percutante. Il raconte tant de choses, de manière si dense que ça n’est vraiment pas évident.

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