Gloire tardive – Arthur Schnitzler

gloire tardive

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette lecture!

Titre et auteur : Gloire tardive de Arthur Schnitzler

Date de publication : 03/02/16

Nb pages : 158

Résumé :

La vie du vieux fonctionnaire Edouard Saxberger bascule le jour où un inconnu frappe à sa porte. C’est un jeune poète venu lui dire son admiration et celle de ses camarades pour l’unique oeuvre lyrique que publia jadis Saxberger… il y a si longtemps que le vieux monsieur l’a quasiment oubliée. Ramené au souvenir de ses lointaines ambitions artistiques, grisé par ces jeunes qui l’adulent et l’invitent à rejoindre leur cercle, Saxberger oscille entre le rêve de débuter une nouvelle carrière littéraire et la tentation de retrouver la  » sourde et molle quiétude  » de son existence bourgeoise. Dans ce texte inédit récemment découvert, Schnitzler fait le portrait d’un vieil homme tourmenté par l’impossible désir de rajeunir, en même temps qu’il brosse le tableau drôle et impitoyable d’un microcosme artistique plus actuel qu’il n’y paraît, où règnent la prétention, la vacuité, la mesquinerie et l’obsession de la publicité.

Avis : ★★☆☆☆

Je ressors plutôt mitigée de cette courte lecture…

Dans cette nouvelle, nous faisons la rencontre d’Edouard Saxberger, vieux fonctionnaire dont les journées sont rythmées de promenades et sorties dans des bars fréquentés par d’autres hommes de son quartier. Alors qu’il rentre justement d’une de ses courtes expéditions, fatigué, sa gouvernante lui fait part d’une visite d’un jeune homme plutôt dans la journée. Ce dernier souhaite rencontrer notre protagoniste pour lequel il voue une admiration sans nom depuis sa lecture des Promenades. Saxberger qui depuis bien longtemps avait oublié son œuvre se retrouve en compagnie de jeunes gens dont les ambitions littéraires atteignent des sommets. Le temps pour Edouard de rêver de son ancienne vie et de celle qui l’attend peut-être, une possible gloire tardive…

Cette nouvelle de Schnitzler date des années 1930 et j’ai beaucoup apprécié le style de l’époque. L’histoire découle de jolies phrases s’enchainant avec poésie mais simplicité.

J’étais très intriguée en ouvrant cet ouvrage par le résumé. Un vieil homme qui n’attend plus rien de surprenant de la vie se voit offrir de nouvelles opportunités par l’arrivée impromptue de jeunes auteurs en devenir et leur cercle Exaltation, c’est plutôt alléchant. Malheureusement, plus l’histoire avançait et moins l’objectif de l’auteur me semblait palpable. Le flou qui recouvre le récit ne se dissipe pas jusqu’à la fin et je retrouve là mon problème général face au nouvelle, je ne comprends pas leurs acheminements. Si j’ai pris du plaisir à la lecture, comprenant ce qu’il advenait de notre pauvre homme en compagnie de toutes ces jeunes personnalités, je reste cependant muette de perplexité face à la finalité. Je n’aime pas terminer une lecture et me dire « et alors ? ». C’est exactement ce qui s’est produit ici. J’ai un sentiment d’inachevé, de trop peu. Si la fin me laisse songeuse, elle me donne également l’impression que tout le reste de l’histoire n’est que prétexte à l’art de l’écriture.

En omettant cette indétermination générale, j’ai néanmoins été sensible au personnage de Saxberger puisqu’il m’a fait ressentir toutes sortes d’émotions, de la peine à la colère en passant par l’incompréhension. Les autres personnages comme Mlle Gasteiner, Staufner ou  encore Friedinger sont tout aussi riches malgré la brièveté du récit, chacun reconnaissable par une caractéristique éminente. Je regrette que Meier, très présent au début, ne le soit qu’épisodiquement par la suite au profit de ses camarades puisqu’il émane de ce personnage un charisme très puissant.

Outre la force des personnages, je dois avouer que ce qu’au final j’ai préféré dans cet ouvrage, c’est la postface. Il est passionnant de découvrir l’histoire de ce manuscrit à travers les époques et les mains qui l’ont tenu, son évolution tout simplement. C’est sans doute ma lecture de la postface d’ailleurs qui m’a permis d’avoir un certain recul par rapport au récit, même si je n’ai décidément pas réussi à accrocher.

Je terminerai donc par ce court extrait, très représentatif de la nouvelle finalement « Si Gloire tardive n’est pas un récit à clé au sens strict du terme, il n’en reste pas moins qu’un certain nombre de traits de caractère et de particularités physionomiques présentés par les poètes du cercle Exaltation et retracés par l’auteur sur le mode parodique évoquent de manière allusive les protagonistes de la « Jeune Vienne » historique. ».

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