Les gens heureux n’ont pas d’histoire – Eloïse Lièvre

les gens heureux n'ont pas d'histoire

Titre et auteur : Les gens heureux n’ont pas d’histoire de Eloïse Lièvre

Maison d’édition : JC Lattès (Site/Twitter/Facebook)

Date de publication : 13/04/16

Nb pages : 200

Résumé :

Ce livre est une sorte de calendrier de l’avent.
Pendant les quarante jours qui ont précédé mon quarantième anniversaire, j’ai écrit un texte par jour et par année en m’appuyant chaque jour sur une photographie me mettant en scène de zéro (quelques jours à peine) à trente-neuf ans.
Il s’agissait moins de dresser un bilan que de tenter de se réapproprier la vie qui passe, de tisser des fils entre les événements pour apercevoir, espérer, fabriquer une cohérence.
Les Gens heureux n’ont pas d’histoire, cette phrase de Tolstoï traînait dans ma tête parce que j’étais heureuse et croyais n’avoir rien vécu. Mon calendrier de l’avent raconte, par le récit de soi qui est nécessairement fiction, comment l’on devient, un caractère et une personne, des rêves et des ambitions, orientés, déterminés, polis par ceux qui nous précèdent et nous accompagnent, aïeux et parents, puis ceux qui nous côtoient et nous forment, camarades, amis, amoureux, enseignants, et tous ces objets qui passent en nous, les films, les tableaux, les livres, les chansons, leurs personnages et leurs auteurs, mais aussi ces événements que nous vivons, l’historique aussi intimement que l’intime, de l’élection d’un président de gauche, à des attentats meurtriers dans le RER, en passant par la chute du mur de Berlin, du premier contact avec la mort à la naissance de nos enfants, en passant par l’unique gifle reçue, la première expérience sexuelle, le premier chagrin d’amour, et le lancinant, l’enlisant quotidien.

Avis : ★★★☆☆

J’ai apprécié ma lecture des Gens heureux n’ont pas d’histoire.

Eloïse Lièvre décide de rédiger quarante textes durant les quarante jours qui précèdent son quarantième anniversaire. Ces quarante textes accompagnés de quarante photos, sources d’inspiration, formeront les quarante chapitres constitutifs du roman.

J’ai aimé cette idée. On pourrait être effrayé, je l’ai été, et se dire que ce projet n’a d’autre but que de mettre sa vie en lumière, son existence sur le devant de la scène. Ca n’est pas du tout le cas. C’est une expérience qui ne relève en aucun cas du narcissisme.

Mettre à l’écrit une vie, des instants, dans un livre qui porte le titre Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est ambitieux. Courageux également car si l’existence de l’auteur est principalement heureuse et banale, il faut avoir l’audace de mettre le doigt sur des événements douloureux, des réflexions blessantes, des instants marquants. Se positionner sur des réminiscences, revivre des moments que l’on aurait tendance à vouloir oublier.

J’ai aimé l’ambition du projet, l’originalité de l’ouvrage, la beauté des photographies (notamment celle de la couverture qui est tout simplement sublime). J’ai parfois pris beaucoup de plaisir à la lecture de certains chapitres, le plaisir d’écrire transparaissant à chaque ligne. J’ai aimé certaines réflexions, s’assimilant parfois à des pensées qui peuvent parfois m’assaillir et régir l’espace d’un temps mon esprit.

Cependant, j’ai parfois succombé à l’ennui. Car si effectivement, l’histoire de l’auteur se trouve ainsi romancée et non linéaire, il n’en reste pas moins que le livre n’est pas un roman d’action et que sa vie n’est pas ponctuée de faits exaltants.

En l’occurrence, lorsque l’écriture plait et saisit par sa force, peu importe le contenu en quelque sorte car l’on se sent happé par un tourbillon stylistique, une envie prégnante de faire plaisir au lecteur. En revanche, lorsque l’écriture plait moins, peut être justement en raison d’une envie trop intense de bien faire, d’un style un peu trop alambiqué et parfois beaucoup trop complexe, le contenu est difficilement saisissable.

En définitive, j’ai été séduite par l’originalité du projet et la maîtrise de l’auteur. Son style est sa force et son défaut car s’il est admirable, il peut également se révéler trop complexe et peu accessible. J’ai lu Les gens heureux n’ont pas d’histoire d’une traite, mais si vous devez le lire, je vous conseille de prendre votre temps, et peut être agir, vous aussi, sur le système d’un calendrier de l’avent, chapitre par chapitre. A découvrir !

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