Les Ferrailleurs, Tome 1 : Le château – Edward Carey

ferrailleurs 1

Titre et auteur : Les Ferrailleurs, Tome 1 : Le château de Edward Carey (auteur & illustrateur)

Maison d’édition : Livre de poche (Site/Twitter/Facebook)

En grand format aux éditions Grasset (le second tome vient d’ailleurs de sortir).

Date de publication : 13/04/16

Nb pages : 480

Résumé :

Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…

Avis : ★★★★☆

Le premier tome des Ferrailleurs est un roman déroutant, innovant et particulièrement captivant !

Le récit se déroule à Londres, un Londres presqu’apocalyptique, où nous rencontrons Clod Ferrayor. Jeune homme en culotte courte qui devrait se retrouver marié dans quelques mois, il n’a jamais vu l’extérieur du château dans lequel vit l’éminente famille Ferrayor. Par famille, l’on entend parents, grands-parents, cousins, cousins germains, tantes, oncles, frères, sœurs, un nombre incalculable de membres Ferrayor.  Sans compter les Ferrayor « bâtards » qui officient dans la partie basse du château, au service des membres d’ « en haut ». Clod est spécial. Comme chaque membre de sa famille, il a reçu un objet à la naissance, une bonde. En revanche, il est le seul à pouvoir entendre son nom, ainsi que celui de tous les objets du château. Tout allait bien, jusqu’à ce que Lucy Pennant, une orpheline, se retrouve entrainée dans le château pour être au service de la famille Ferrayor. A partir de ce moment, les objets de la maison agissent étrangement, les habitants paniquent et plus que tout, Clod commence à tout remettre en question…

Je dois avant tout dire que ce roman ne rentre pas vraiment dans la catégorie de ce que je lis habituellement mais je rêvais de lire celui-ci, sans raison rationnelle. Chose qui m’a tout de suite plu, la couverture. Je la trouve magnifique, le dessin est sublime et Le livre de poche a opté pour une couverture cartonné « ondulée » franchement superbe. C’est un vrai bonheur visuel et tactile. Autre chose qui m’a surprise et encore plus séduite, l’auteur lui-même est le créateur de la couverture et des illustrations qui trônent fièrement à chaque début de chapitre dans le livre. Les dessins sont exceptionnels, sombres, intrigants. Je suis totalement adepte de l’univers artistique d’Edward Carey.

L’histoire en elle-même est vraiment fascinante. Si l’entrée dans cet étrange monde déroute en premier lieu, elle offre une escapade exaltante qui sort du commun. Le monde des Ferrailleurs est enchanteur et effrayant paradoxalement. Rien n’est rationnel mais tout parait pourtant réel, lorsque l’on est entièrement immergé dans l’intrigue.

J’ai adoré la narration scindée en deux, relatant le point de vue de Clod Ferrayor et celui de Lucy Pennant. Deux personnages mystérieux et passionnants dont on savoure les péripéties à chaque nouveau chapitre. Si l’on sent dès le départ que leurs destins semblent liés, on se questionne sur la manière dont cette union se produira et comment tout cela se finira. En effet, le suspens est véritablement prégnant tout au long de l’histoire, ce qui m’a plutôt surprise. Je ne pensais pas me retrouver sous le joug d’une attente en commençant cette histoire.

Honnêtement, je n’ai jamais lu un livre avec un univers aussi intéressant, aussi convaincant et oppressant en même temps. Qu’il s’agisse des éléments et des objets qui s’emportent ou de certains personnages extrêmement sombres, une angoisse se développe au fil des pages, grossissant à mesure que les secrets des Ferrayor nous semblent prêts à exploser. Tout ce qui se déroule sous nos yeux sous forme de mots est tellement palpable que des centaines d’images défilent dans notre imagination, rendant l’histoire vraiment concrète. Je verrais bien Les ferrailleurs adaptés cinématographiquement !

En définitive, ce premier tome des Ferrailleurs est particulièrement réussi à mon sens, très original avec une fin particulièrement frustrante qui nous donne envie de crier au scandale pour avoir la suite ! Mention spéciale pour les illustrations qui m’ont régalé les yeux, un vrai bonheur visuel !


 

Merci à Babelio & au Livre de poche grâce à qui j’ai découvert cet univers, par le biais d’une masse critique.

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