En l’absence des hommes – Philippe Besson

 

Couverture En l'absence des hommes de Philippe Besson
Couverture En l’absence des hommes de Philippe Besson

Titre et auteur : En l’absence des hommes de Philippe Besson

Maison d’édition :  10-18 (version papier)

Date de publication : 05/01/2012

Durée lecture : 215 pages – janvier 2015

Résumé : Été 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d’Arthur, jeune soldat qui tente d’échapper pour quelques jours à l’horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l’écrivain mondain et renommé Marcel Proust. Le temps de ce bel été, l’un va devenir l’amant, l’autre l’ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.

Avis : ★★★☆☆

J’ai aimé En l’absence des hommes de Philippe Besson. Comment ne pas l’apprécier dans mon cas ? J’aime la romance homosexuelle et j’aime l’écrivain Proust. Voilà tout cela réunit en un roman.

Ce roman est très épuré, il faut s’accrocher au départ parce que l’écriture est plate et sans action. Pour ma part, je m’y suis faite rapidement, en comprenant qu’il ne fallait pas chercher l’action mais la parole.

Les pensées de Vincent sont très intéressantes. Un jeune ado de 16 ans, très mature, qui découvre l’amour dans les bras d’Arthur, un soldat revenant du front, sans n’avoir rien demandé. Sa manière de pensée ne parait pas vraiment réaliste cela dit. Que je pense à des ados de 16 ans, je me dis qu’il est impossible qu’ils puissent réfléchir comme Vincent, ne serait-ce que par le vocabulaire parfois élevés de son langage. Alors je me dis que peut-être qu’au début du 20ème siècle, ça n’était pas rare.

En ce contexte de guerre mondiale, la relation de Vincent et Arthur fait chaud au cœur. Tout deux découvrent les passions charnelles et le grand amour. Le grand amour qui fait du bien, celui qui fait souffrir, celui qui fait attendre. Les émotions transpirent des pages où ces deux-là sont ensemble et s’enlacent. Elles sont là, de manière implicite mais je les ai ressenti si fortement que je pourrais dire qu’une explosion de sentiments se jetaient sur moi à chaque fois que je lisais.

Et puis la tristesse. A un moment fatidique on ressent une immense tristesse, j’en ai eu les larmes aux yeux. Un trou béant laisse place dans le cœur de Vincent, comme dans celui du lecteur.

Concernant la partie du roman avec Proust, je me suis régalée ! J’adore cet auteur et connait quelques morceaux de sa vie sans avoir vraiment la volonté d’aller apprendre l’intégralité de sa page Wikipédia -trop laborieux. Et bien quel bonheur de découvrir quelques détails sur cet immense auteur par le biais de ce roman ! Attention, tout ceci est fictif mais des éléments du caractère de Proust surgissent à travers ce roman, comme son amour pour sa mère. Ca me touche toujours.

La relation qui débute entre Vincent et Proust est ambiguë au départ mais devient vite très agréable à suivre au fil du livre. Cette relation se transforme rapidement en échange épistolaire, ce qui permet aux deux destinataires d’échanger sans langue de bois.

Pour conclure, je dirai que j’ai beaucoup apprécié ce roman de Philippe Besson qui porte si bien son nom : En l’absence des hommes. J’ai été transportée par cette histoire dramatique. Si parfois le manque d’action se fait sentir, les réflexions des personnages comblent quelque peu cela.

Un livre court et facile, mais une lecture difficile d’accès. Il faut ouvrir son cœur pour percevoir la charge d’émotions transmises.

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