Droit devant toi – Henri Girard

Merci aux éditions de La Rémanence pour cette lecture

Titre et auteur : Droit devant toi de Henri Girard

Maison d’édition :  La Rémanence (Site/Facebook/Twitter)

Date de parution : 16/02/17

Nb de pages : 180

Résumé :

Deux adolescents que tout oppose : l’un suit ses parents au fil des mutations de son père et ses relations familiales sont difficiles, l’autre est ancré dans la ferme paternelle et très proche des siens. Le premier cherche le bonheur dans l’adversité, le second grandit dans la sérénité. Une amitié puissante et exclusive unit pourtant les deux garçons. Mais quand de l’affection naît l’emprise, le drame n’est jamais bien loin. Sans savoir exactement où il plante ses racines ni s’il adviendra, la tension monte. Car la manipulation est une arme dangereuse, l’amour et le désir des détonateurs instables.

Avis : ★★★☆☆

Droit devant toi est un roman qui laisse un arrière-goût d’étrangeté sur son passage.

Nous rencontrons notre narrateur, alors que son père est une nouvelle fois muté et que sa famille atterrit dans un village. Fils de bonne famille, il se sent captivé par Gilles, un fils de fermier et tous deux deviennent vite inséparables. C’était sans compter sur l’apparition de Marie-Fleur, la belle-mère de Gilles à l’allure fascinante.

J’ai apprécié ma lecture de Droit devant toi-même si le début a été un peu compliqué. En effet, j’ai été quelque peu déroutée par le choix de narration de l’auteur. L’histoire se déroule à la première personne, à l’intérieur de l’esprit d’Harold et c’est très bien. Cependant, le langage utilisé est soutenu ce qui est peu commun de nos jours. Alors certes, l’histoire se déroule en 1989, néanmoins, je doute qu’une personne de l’âge de notre narrateur parle de cette manière. Heureusement, plus j’avançais dans ma lecture, plus je me suis adaptée à ce langage élevé, parfois désuet dans ses expressions en me rendant compte qu’il permettait une immersion plus importante dans l’histoire.

J’ai apprécié que l’on nous plonge dans l’esprit d’Harold par la narration. On remarque en effet les rouages de ses réflexions, ses objectifs et les moyens qu’il est prêt à utiliser pour y parvenir. On se rend ainsi compte du changement qui opère en lui de sa rencontre avec Gilles à un âge plus avancé.

J’ai trouvé que la relation entre Gilles et le narrateur était très bien mise en place. Le livre se lit comme une sorte de miroir où la fascination commence d’un côté et finit de l’autre avec un pallier égalitaire entre les deux. La relation de Gilles et Harold est assez captivante puisque sujette à des tensions internes et des ambitions personnelles. Paradoxalement, l’hypocrisie et la sincérité jouent un rôle tout aussi important l’une que l’autre et c’était intéressant de voir les deux entrer en action, cause à effet de chacune, action et réaction.

Ce qui est au cœur du sujet, c’est aussi la libido et la fascination pour la femme, incarnée par le personnage presque mystique de Marie-Fleur. L’amitié est solide entre nos deux protagonistes, mais dès lors que le personnage de Marie-Fleur entre en scène, elle se ponctue de sournoiserie et d’ambition intime. On constate avec intérêt que la libido est à l’origine mais aussi au dénouement de tout. J’ai d’ailleurs apprécié la fin du roman, qui arrive avec fracas, bien que l’on s’en doute un peu au vu des événements précédents.

En définitive, si je n’ai pas été fascinée, je salue cependant le travail psychologique fourni pour écrire ce roman. Les relations entre les uns et les autres sont complexes et le récit exploite tous les sentiments humains sous le joug de l’intérêt, de la spontanéité ou de la manipulation. A découvrir.

5 thoughts

  1. Merci d’avoir pris le temps de lire mon roman et merci pour votre commentaire !
    Une petite précision. Le texte retrouvé est relu en 1989 par Gilles qui a alors, comme son ami, environ une quarantaine d’années (vingt ans après les faits), et cet ami, Harold, l’a écrit « il y a bien longtemps », ce qui ne signifie nullement qu’il l’ait rédigé tout jeune.
    Sans doute aurais-je dû être un peu plus rigoureux pour éviter ce flou… par exemple en étant plus précis sur les dates.
    Bien cordialement,
    Henri Girard

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