Dites aux loups que je suis chez moi – Carol Rifka Brunt

Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt
Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Merci à Babelio pour cette fabuleuse découverte!

Titre et auteur : Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Maison d’édition : Buchet Chastel

Date de publication :  13 mai 2015

Nb pages : 492

Résumé :

Nous sommes au milieu des années 1980, aux Etats-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une soeur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux. Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie. Roman d’apprentissage bouleversant, chronique des années sida vues par les yeux d’une adolescente, Dites aux loups que je suis chez moi révèle une auteur à la plume sensible et puissante.

Avis : ★★★★★

J’ai été complètement bouleversée par Dites aux loups que je suis chez moi. C’est un roman puissant, d’une densité magistrale.

Il traite de thèmes qui me sont chers comme l’homosexualité, le Sida, l’art ou encore la solitude.

Nous suivons tout au long de l’histoire, June, une jeune fille passionnée de l’époque médiévale qui se perd à penser qu’elle vit des aventures chevaleresques à la place de sa vie monotone. Elle est très attachante, mature pour son âge et j’ai eu tout durant tout le récit envie de venir à son aide.

En effet, entre sa sœur Greta qui la maltraite moralement et ses parents qui ne sont pratiquement jamais présents, June est enfermé dans une bulle de solitude qu’elle se plait à remplir de son imagination. L’histoire débute par la mort de son oncle, Finn, à cause du sida qu’il avait contracté.

Au fur et à mesure de l’histoire, on apprend à découvrir Finn à travers les souvenirs et les sentiments que June éprouvent à son égard. On est mal à l’aise en premier lieu puisque l’on comprend dès les premières pages que les sentiments de la jeune fille envers son oncle sont plus qu’ambigus. L’amour qu’elle ressent à son égard sera un des fils conducteurs du récit.

Ajouté à cela, nous découvrons également Toby, « l’ami particulier » de Finn. C’est un personnage extrêmement émouvant, qui m’a complètement émue. Quand on découvre tout ce qu’il a du endurer, on se sent immédiatement rempli de frustration et d’un énorme sentiment d’injustice. J’ai rarement eu autant d’empathie envers un personnage de roman. Il représente à lui seul toute une génération de personnes homosexuelles atteints du sida et rejetées par le reste du monde. June est son seul espoir et c’est à travers l’évolution de leur relation que nous apprendrons à découvrir l’un et l’autre.

La relation que June entretient avec sa sœur Greta est également un point essentiel du récit. L’ambivalence de cette dernière démontre immédiatement un profond mal être. Je pense que le personnage de Greta représente une immense part du mystère qui règne sur ce roman. 

En bref, Dites aux loups que je suis chez moi est une fiction, certes, mais empreinte d’un tel réalisme qu’elle ne peut laisser indifférent. Ce roman n’est pas banal, il traite de sujets extrêmement intéressants, parfois tabous. Il est assez déroutant, vis-à-vis des mœurs actuelles. Vous rugirez certainement d’impuissance à sa lecture, vous vous sentirez peut être investis d’une mission de transmission de tolérance à la fin tant l’injustice vous aura assaillis. Une chose est certaine, un tourbillon d’émotions se dégage de cette histoire de manière à ce qu’il est impossible de s’en sortir indifférent.

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