Dire Non – Edwy Plenel

dire non

 

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Points que je remercie !

Titre et auteur : Dire non d’Edwy Plenel

Maison d’édition : Points

Date de publication :  12/02/15

Nb pages : 157

Résumé :

Ce livre, dédié à Stéphane Hessel, s’adresse à tous ceux que la politique déçoit et que la crise effraye. Anthropologues, philosophes, politiques, poètes… Tous, avec l’auteur, réinventent le non. Le non à l’abaissement de la France par ceux qui la défigurent en ne l’aimant pas telle qu’elle est ; le non pour élever ce pays en élevant son langage ; le non pour inventer le oui. Au nom d’une France urbaine et métissée, il prône une laïcité ouverte, une liberté étendue, une refonte des institutions et une valorisation de la diversité qui provoqueraient un sursaut démocratique.

Avis : ★★★☆☆

J’ai trouvé cet essai très intéressant, malgré quelques points négatifs que je vais développer immédiatement.

Bien que très éloquent, Edwy Plénel a un style un peu pompeux, qui perd vite le lecteur au bout de quelques phrases. J’avoue être pendue à sa moustache lorsqu’il s’exprime à la télévision, ici, le magnétisme n’a pas vraiment du tout opéré.

Qui vise ce manifeste ? Moi qui ai 20 ans et représente en quelques sortes « la jeunesse », je me suis sentie lésée par les phrases à rallonge que je n’arrivais souvent pas à saisir au début. Pour exprimer une idée simple et percutante, Edwy Plenel use et abuse de métaphores et de substantifs difficiles, presque « scientifiques » qui ne sont pourtant pas vraiment nécessaire. Au commencement de ma lecture, j’aurais presque eu besoin d’un livre de vulgarisation de la pensée de l’auteur tant je me sentais enlisée dans l’incompréhension. Les phrases de dix lignes pour exprimer une pensée unique n’attirent pas le lecteur, elles l’endorment. Bref, le style bourratif de M. Plenel a dans un premier temps, il faut l’avouer, desservi ses idées qui ne paraissent vraiment pas accessibles à tous dans un tel langage.

Concernant le contenu, j’ai aimé le fait que l’essai soit divisé en 6 parties. C’est ingénieux car chaque titre, assez mystérieux et solennel il faut en convenir, appelle à une explication que l’on trouve dans le chapitre en question.

Les retours historiques sont nombreux et m’ont éclairée sur bien des événements que je n’avais pas vécus en personne. On s’aperçoit assez rapidement, en gros, du pourquoi du comment la France est ainsi faite actuellement. J’ai appris beaucoup de faits d’ « avant » dont j’ignorais l’existence.

Le début constitue clairement un appel contre le Front National qui ne cesse de prendre de l’ampleur et les sévices que subissent les musulmans de France, rapprochés dans cet essai des juifs persécutés de France d’une époque pas si lointaine. Il y est beaucoup question de la « Renaissance de la droite extrême » et cela amène de multiples réflexions quant à notre avenir. La banalisation des actes racistes, antisémites, xénophobes, tient une place dans cet essai qui lutte contre tout ceci.

On comprend clairement que Dire NON est « un refus de l’indifférence » comme il l’exprime à la fin du premier chapitre. Il a pour vocation d’ouvrir les esprits, de réveiller les citoyens et les êtres humains que nous sommes. Il nous pousse à sauver la France, en quelques sortes.

Toute la partie sur la tragédie m’a semblée captivante. Edwy Plenel montre bien par là, la peur des Français et du gouvernement à faire face et à aller de l’avant. L’avenir et les avancées naturelles effrayent, elles ne sont pas compatibles avec le confort d’une vie monotone. Il affirme son « NON » face à la stagnation, à l’immobilisme dont souffre la France.

La partie « Horizon » est tout aussi instructive. Un questionnement à propos de ce qu’est l’identité française m’a beaucoup plu. L’idée que l’identité n’est pas fixe mais en perpétuel mouvement développé dans cet essai est très intéressante.

« La trace » quant à elle, est une partie rendant hommage de manière assez touchante (mais toujours politique) à Alain Plenel, le père du journaliste essayiste, qui s’est battu jusqu’à sa mort pour ses convictions.

Les références en fin de livre, ainsi que l’annexe « L’adresse au Président » sont très intéressantes. Cette annexe cherche à bousculer le Président, à le pousser dans ses retranchements.

En bref, Dire NON est un essai passionnant pour peu que l’on s’intéresse à la politique actuelle et qu’on adhère aux idées d’Edwy Plenel. Le style du journaliste, bien que pompeux, amène tout de même une part poétique à ses idées pour les rendre moins indigestes dans la forme. Je terminerai par une citation qui termine cet essai et le résume entièrement « Dire non pour inventer notre oui ».

 

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