Deux enfants du demi-siècle – Charles Nemes

deux enfants

Titre et auteur : Deux enfants du demi-siècle de Charles Nemes

Maison d’édition : HC Editions (Site/Facebook/Twitter)

Date de publication :  19/01/2017

Nb pages : 204

Résumé :

Quarante ans après leur rencontre, Thérèse et Toussaint se retrouvent, empotés du cœur et du corps, comme lors de leur premier slow d’adolescents. Ces deux enfants fiévreux sont-ils devenus, chacun de leur côté, de meilleurs parents que ceux qu’ils ont combattus ? Les familles ne font pas de cadeau. L’histoire et le rêve non plus. 

Avis : ★★★★★

Deux enfants du demi-siècle m’a autant plu que déstabilisée !

Nous faisons la rencontre de Toussaint et Thérèse, alors qu’ils sont adolescents, pleins de fougue et amoureux. Leur premier émoi amoureux reste à vif dans leurs esprits, même quarante ans après, ce que nous constaterons lors de leurs retrouvailles. Mais ce que le roman raconte surtout, ce sont les histoires respectives de Thérèse et Toussaint entre leur première rencontre et la dernière.

Pour commencer, je dois dire que le résumé n’est pas vraiment à l’image du roman. En le lisant on a l’impression qu’il va s’agir de narrer les retrouvailles de Thérèse et Toussaint, après un rapide retour en arrière pour expliquer les circonstances de leur rencontre. Or, il ne s’agit pas vraiment de ça, puisque les retrouvailles s’effectuent dans les dernières pages du roman. Il s’agit surtout de raconter un demi-siècle d’histoires et d’Histoire. On nous raconte la rencontre des deux protagonistes au départ du roman, puis l’on nous narre au gré des chapitres les événements qui ont ponctué la vie de Thérèse d’un côté, et de Toussaint de l’autre avec la grande Histoire en trame de fond.

J’ai adoré tout ça. Les histoires des protagonistes sont assez simples (bien qu’elles contiennent leurs lots d’extravagance) mais si bien écrites, si bien dévoilées qu’elles en deviennent passionnantes. Tout le récit est agrémenté d’ironie, de pointes caustiques qui fustigent les personnages et les soulèvent avec tendresse. Je suis vraiment admirative de l’écriture qui m’a totalement transportée. Le rire que provoque le roman est détendu mais souvent grinçant, et c’est quelque chose que j’aime énormément dans un récit, le genre de comique qui m’emballe.

Le récit contient également des événements assez dramatiques qui apportent une touche de tragédie à cet ensemble. Je pense notamment à l’avenir du fils de Thérèse, mais également à la situation de Gabrielle, la soeur de Toussaint.

Ce qui me fait arriver à un point où le plaisir de la lecture se fond avec un sentiment d’embarras et de malaise, pas forcément désagréable mais qui laisse un goût amer dans la bouche. Il y a des scènes qui m’ont rendue terriblement mal à l’aise dans leur réalisme et paradoxalement surréalisme. Je pense désormais à Gabrielle et Toussaint à un moment précis que je vous laisse le loisir de découvrir. Je pense aussi à toute la fin du roman qui est complètement folle. Je n’arrive pas à trouver d’adjectif tant j’ai l’impression qu’elle est à la fois hors sujet par rapport au fil général du roman et en même temps pleinement intégrée dans la continuité du récit. La fin m’a fait ouvrir les yeux avec un ahurissement permanent, tout paraissait sans dessus dessous, avec toujours du sens, mais complètement incroyable. J’ai ressenti un malaise prégnant, une incrédulité certaine tout en appréciant la folie créatrice de l’auteur.

En définitive, Deux enfants du demi-siècle est un roman indescriptible tant le mélange des tons utilisés par l’auteur provoque des sentiments indescriptibles, à l’image de situations inconcevables et pourtant fabuleuses pour l’intrigue. Un grand roman qui m’a donné envie de lire d’autres ouvrages de Charles Nemes !

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