Le dernier Hyver – Fabrice Papillon

Merci aux éditions Belfond et Agnès Chalnot pour cette découverte !

Titre et auteur : Le dernier Hyver de Fabrice Papillon

Maison d’édition :  Belfond (Site/Facebook/Twitter)

Date de parution : 05/10/17

Nb de pages : 624

Résumé :

On dit que l’hiver vient. Peut-être le dernier pour les porteurs du chromosome Y…

Août 415 après J-C. : La ville d’Alexandrie s’assoupit dans une odeur âcre de chair brûlée. Hypatie, philosophe et mathématicienne d’exception, vient d’être massacrée dans la rue par des hommes en furie, et ses membres en lambeaux se consument dans un brasier avec l’ensemble de ses écrits.
Cet assassinat sauvage amorce un engrenage terrifiant qui, à travers les lieux et les époques, sème la mort sur son passage. Inéluctablement se relaient ceux qui, dans le sillage d’Hypatie, poursuivent son grand oeuvre et visent à accomplir son dessein. 
Juillet 2018 : Marie, jeune biologiste, stagiaire à la police scientifique, se trouve confrontée à une succession de meurtres effroyables, aux côtés de Marc Brunier, homme étrange et commandant de police de la « crim » du Quai des Orfèvres. Peu à peu, l’étudiante découvre que sa propre vie entre en résonance avec ces meurtres.
Est-elle, malgré elle, un maillon de l’histoire amorcée à Alexandrie seize siècles auparavant ? Quel est ce secret transmis par Hypatie et au coeur duquel se retrouve Marie ? L’implacable destin peut-il être contrecarré ou « le dernier Hyver » mènera-t-il inéluctablement l’humanité à sa perte ?


Avis : ★★★★☆

Le dernier Hyver est un roman ambitieux que j’ai apprécié !

Le roman commence avec l’effroyable meurtre d’Hypathie d’Alexandrie, mathématicienne et philosophe, en 415 ap. JC par des chrétiens en fureur. Le chapitre suivant nous confronte à un meurtre quasiment similaire en 2018, en miroir avec ce qu’il s’est passé des siècles plus tôt. L’auteur nous fait alors immédiatement et implicitement comprendre qu’il y a un lien entre les deux et c’est ainsi que le suspens démarre.

Effectivement, le point fort du récit est le suspens qui transperce de part en part le roman. Dès ce premier meurtre à notre époque, on se demande ce que peut bien être le lien entre ces affaires, les acteurs qui y prennent part, les tenants et les aboutissants. On se demande les raisons d’une telle violence et le rôle que vont jouer chacun des personnages qui nous sont présentés. On se doute dès la lecture des premières pages, que le personnage de Marie ne se résumera pas qu’à une simple stagiaire et biologiste et que son rôle sera majeur. C’est là que se concentre une grande partie du mystère, qui est-elle, quel est son véritable rôle ?

Pour exploiter ce lien entre les meurtres, l’auteur nous immerge dans une multitude d’époques différentes, ce que j’ai trouvé passionnant pour ma part. J’adore lorsque l’on nous fait découvrir des siècles antérieurs au nôtre, notamment lorsque l’on comprend qu’un fil rouge les lie tous mais que l’on ne peut qu’attendre pour en savoir plus. C’est cette tension créée entre tous ces époques qui nous donne envie d’avancer et de rassasier notre curiosité. J’ai particulièrement aimé les moments qui se déroulent au XVème et XVIème siècles, parce que j’apprécie ces époques et que l’auteur convoque des personnalités qui m’inspirent.

Effectivement, j’ai beaucoup aimé que des figures notoires et importantes pour notre civilisation soient des actants de cette intrigue. Cela permet au choix, d’offrir aux lecteurs une part de savoir à propos de ces personnages que l’on peut ne pas connaître ou de créer une certaine connivence avec ceux qui les ont déjà rencontrés au cours de recherches dans leurs vies (par exemple, j’ai été ravie de voir que Poggio Bracciolini joue un rôle dans cette intrigue, parce que je travaille sur son De Avaritia pour mon mémoire, et c’est toujours un plaisir d’allier la littérature de détente au travail que l’on réalise en même temps). Ces invocations permettent donc de susciter de la curiosité sur des figures emblématiques dans tous les cas et j’ai aimé cette ambition de l’auteur de s’accaparer de grandes figures de référence pour servir son intrigue puisque cela fonctionne bien à mon sens. Cela donne une impression de crédit historique au récit.

Si j’ai aimé l’ensemble du roman, quelques points m’ont cependant moins plu, comme les dialogues qui se déroulent en 2018 par exemple. Cela s’améliore ensuite, mais j’ai trouvé que les dialogues entre les personnages qui gèrent l’enquête étaient un peu trop « détendus » pour paraître naturels. C’est-à-dire que ce langage familier voire argotique semblait forcé et qu’en comparaison, le langage des siècles précédents paraissaient presque plus « normal » et crédible, ce qui est un peu paradoxal. Ca casse un peu le rythme et la crédibilité du tout sur le moment, car j’imaginais mal des gens de mon entourage parler de cette manière.

Aussi, j’ai été captivée par tout le côté scientifique, historique et thriller du roman, mais j’ai été un peu déconcertée par tout le côté surnaturel. Certaines explications que l’on pourrait qualifier d’ésotériques sont déconcertantes. Cela n’engage que moi, mais j’ai effectivement du mal à adhérer à tout ce qui sort des limites du rationnels dans la littérature et en l’occurrence, si cela peut paraître fascinant en un sens, mon esprit terre à terre m’empêche d’être totalement convaincue sur certains points.

Je noterai pour finir que la fin m’a agréablement surprise dans le sens où, je m’attendais à une fin convenue où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme dans la majorité des romans de ce genre et ça n’est pas du tout le cas. Belle surprise !

En définitive, il convient de dire que Le dernier Hyver n’est pas une lecture aisée en raison des références multiples et plus ou moins accessibles, mais c’est justement le fait que l’on sorte des sentiers battus qui fait tout son intérêt. Je recommande ce roman pour ceux qui cherchent à s’évader dans un monde inhabituel.

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