Cueilleuse de thé – Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture !

Titre et auteur : Cueilleuse de thé de Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Maison d’édition : Charleston (Site/Facebook/Twitter)

Date de parution : 07/04/17

Nb de pages : 320

Résumé :

Au Sri Lanka, l’ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l’aube de ses vingt ans, la jeune femme a d’autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n’ont d’autres horizons que les interminables rangées de théiers…

Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

Avis : ★★★★★

Quel beau roman que Cueilleuse de thé !

Nous rencontrons Shemlaheila, cueilleuse de thé dans une plantation Sri-Lankaise. A la mort de sa mère, elle n’a plus qu’une idée en tête, quitter l’Inde pour l’Angleterre et s’instruire afin de ne plus jamais travailler dans une plantation de thé.

Cueilleuse de thé est émouvant, passionnant, instructif. J’ai succombé à ce roman tout simplement. Le personnage de Shemlaheila est superbe. C’est une jeune femme extrêmement combattive et déterminée qui décide de sa vie comme elle l’entend. Tout au long du roman, on sent qu’un traumatisme a forgé son caractère et j’ai été émue lorsque l’on apprend ce qui lui est arrivé, bien que le doute se soit immiscé au fur et à mesure de l’histoire. L’apprendre de sa bouche prend une toute autre ampleur, à plus forte raison lorsque l’on sait comme elle intériorise tout ce qui pourrait la rendre fragile aux yeux des autres. Par ailleurs, une certaine distance est mise entre Shemlaheila et les autres, entre elle et le lecteur, en raison de son incroyable opiniâtreté et si cela a pu me troubler par moment, je garde une image admirable de cette jeune femme brave et fière.

Outre ce personnage singulier, tout le contexte géographique m’a séduite. J’aime les romans qui se déroulent en Angleterre, mais j’aime encore plus lorsqu’une partie prend place dans un pays dont je ne connais que peu de choses si ce n’est rien. L’Inde et le Sri-Lanka en l’occurrence. J’avais pu entrapercevoir un point de vue de cette région du monde avec des romans comme L’ïle aux papillons de Corina Bomann entre autres, et Cueilleuse de thé a pu m’en apporter une autre, encore plus précise. On en apprend notamment sur la vie des cueilleuses de thé qui est absolument scandaleuse et j’aime autant vous prévenir, en lisant ce roman, l’indignation ne vous quittera pas d’une semelle. On en apprend plus sur le fonctionnement des plantations avec ces fameuses cueilleuses donc, les kanganis (les contremaitres) et surtout, la puissance des hommes pour qui les femmes ne sont que des choses destinées à assouvir leurs pulsions sexuelles et colériques. En tant que femme, certains passages m’ont profondément choquée et ulcérée, il est tout simplement impossible de ne pas s’indigner devant ce que subissent toutes les femmes du roman.

J’ai apprécié tout le parallélisme que Jeanne-Marie Sauvage-Avit met en place entre l’Angleterre et l’Inde, notamment à propos de l’exploitation par l’intermédiaire de Shemlaheila. On se rend compte, de manière encore plus frappante et palpable qu’à l’accoutumée, que les immigrés exploités dans leurs pays d’origine, ne trouvent parfois qu’un ersatz de liberté dans les pays d’accueil où ils se réfugient. En effet, ils se retrouvent bien souvent tout aussi exploités qu’auparavant, la différence étant que cette exploitation se déroule de manière hypocrite et pernicieuse, sous couvert de « bonnes manières ».

En définitive, Cueilleuse de thé est un roman qui procure émotions multiples et réflexions. Jeanne-Marie Sauvage-Avit nous insuffle son savoir par l’intermédiaire d’un personnage féminin valeureux, Shemlaheila. A découvrir sans hésiter !

10 thoughts

  1. Très beau ressenti. Le thème de la condition féminine m’a beaucoup interpellée, j’ai mis en parallèle le livre que je viens de terminer « la perle et la coquille » de Nadia Hashimi dont l’intrigue se déroule en Afghanistan.

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