La collection .G chez La Musardine : Parties communes d’A. Vassivère & June de V. Bégaudeau

En 2017, les éditions La Musardine ont lancé leur nouvelle collection « .G », une littérature érotique écrite par les femmes pour les femmes sous la direction d’Octavie Delvaux, grande prêtresse de la littérature érotique (pour avoir un aperçu, je vous renvoie à ma chronique d’A coeur pervers, recueil de nouvelles très sympathique!). Une ambitieuse entreprise qui me plait et que je vais vous présenter avec avis sur les deux premiers romans de la collection, Parties communes d’Anne Vassivère & June de Virginie Bégaudeau.

Avant toute chose, je reprends les propos de La Musardine pour vous présenter en quelques points la collection :

• G, c’est :

  • Un érotisme qui n’est ni celui des pionnières du genre (Françoise Rey, Anaïs Nin…) ni celui d’Esparbec. De nouveaux espaces littéraires, dans des registres et des styles variés, modernes, qui parlent du corps, de relations sexuelles, amoureuses ou non, et du plaisir féminin.
  • Des textes qui revendiquent une sexualité féminine épanouie et assumée, forme de féminisme moderne, dans le cadre d’une histoire construite, d’un scénario qui emmène.
  • Une collection qui entend se distinguer de la «romance érotique » avec des romans singuliers, exigeants, écrits par des femmes porteuses d’un univers érotique fort, dans une démarche littéraire assumée et revendiquée.
  • Les couvertures des romans de la collection .G ont été confiées à la dessinatrice érotique Apollonia Saintclair, dont le style très personnel, sensuel et débridé corrobore à merveille l’identité visuelle que nous avons souhaité donner à cette collection.

Pour entrer dans le vif du sujet, voici mes avis sur les deux premiers romans de la collection .G !

Je tiens par ailleurs à exprimer mon enthousiasme à propos des couvertures que je trouve vraiment superbes et originales !


Titre et auteur : Parties communes de Anne Vassivière

Maison d’édition : La Musardine (Site/Twitter/Facebook)

Date de parution : 16/03/17

Nb de pages : 256

Résumé :

Par le trou de la serrure…

Paris, un immeuble haussmannien dont la façade est en ravalement.
Derrière leur apparente respectabilité, les habitants cachent de nombreux secrets, des couples s’y forment, s’y conforment ou s’y déforment au gré des désirs.
Il y a, entre autres, la transformation touchante de Nadège, la très catholique propriétaire de l’immeuble, les pratiques insolites du docteur Dupuis, gynéco logue, les découvertes extrêmes de Lili, la jeune première, l’idylle entre Marie, pédo psy chiatre frustrée, et Jean-Do, ancien pompier bellâtre et macho…
Une fois le livre refermé, vous ne regarderez plus jamais vos voisins comme avant ! 

Avis : ★★★☆☆

Parties communes est un livre original dans sa forme !

Parties communes est en effet un livre original dans sa forme de narration. Lorsque l’on commence le roman, on se retrouve presque dans la peau d’un voyeur qui épie toutes les relations des habitants d’un bâtiment. En effet, on trouve dès la première page un schéma de bâtiment avec le nom de chaque habitant pour chaque étage.

Fait intéressant, tous ont un rôle à jouer et chacun occupe la place de narrateur à un moment ou à un autre de manière successive. J’ai bien aimé cette manière de raconter tous ces récits, c’est vraiment original et innovant, surtout en littérature érotique. On nous offre les pensées les plus intimes de chacun et leurs ambitions sexuelles.

En revanche, c’est également cette originalité qui m’a parfois mise dans des situations compliquées. Changer de points de vue fréquemment, cet assemblage de récits qui se suivent, tous ces éléments font que l’on se perd parfois un peu et que l’on confond à certains moments les histoires des uns avec celles des autres.

Il y a beaucoup de personnages et bien entendu, certains sont moins imposants dans leur personnalité et dans leurs actes, et d’autres ont un caractère plus prégnants. J’ai particulièrement apprécié tout le récit de la gynéco, le Docteur Dupuis et son personnage. Si à quelques égards, on peut se permettre d’avoir un peu peur en espérant que notre gynéco n’ait pas les mêmes ambitions que celle-ci, il n’empêche que le fantasme du gynéco est bien exécuté ici et de manière originale, puisque le gynécologue est ici une femme (je salue d’ailleurs le fait que le sexe de celle-ci soit évoquée quelques temps après le commencement du récit et provoque donc et une situation ambigüe et un retournement de situation appréciable). Et puis il y a des personnages auquel on adhère moins, comme Jean-Do qui parait juste être l’homme en quête de sexe par excellence sans véritable égard pour les femmes. Les hommes de manière générale sont assez antipathiques dans ce livre et les femmes au contraire paraissent plus affables. C’est peut-être une vision un peu trop manichéenne à mon goût.

En définitive, Parties communes est un livre original par sa forme de narration mais c’est aussi ce qui peut provoquer des moments de vide où l’on se perd à comprendre qui est qui. A lire tout de même pour découvrir une nouvelle forme de littérature érotique !


Titre et auteur : June de Virginie Bégaudeau

Maison d’édition : La Musardine (Site/Twitter/Facebook)

Date de parution : 20/04/17

Nb de pages : 224

Résumé :

La cavale passionnelle de deux femmes à travers l’Amérique des années 1970

Colorado, été 1973. June, épouse dévouée, est initiée par Elsa, sa jeune voisine sulfureuse, à des jeux interdits. Suite à l’insistante proposition de sa maîtresse, elle quitte son mari et accepte de partir en cavale à ses côtés. Sur les routes, les deux amantes s’enivrent d’amour et de sexe. Au gré de leurs pérégrinations, elles rencontrent une communauté hippie aux manières licencieuses et Sacha, grand ténébreux qui devient leur compagnon de voyage. Mais ce que June ignore, c’est le plan d’Elsa : se mettre en quête de la légendaire maison des Carpenter, un lieu invitant ses habitants à toutes les débauches. Que découvriront-elles derrière les portes de ce temple de la dépravation ? À quels rites devront-elles s’adonner ? Quel terrible secret détient leur chef, le cynique et charismatique Adrian ?
Le souci du décor et du mystère caractérise l’écriture de Virginie Bégaudeau. Sa plume dresse des portraits de femmes fortes, guidées par leurs désirs. Un texte original et délicat, une histoire d’initiation érotique captivante. 

Avis : ★★★★☆

June est un roman érotique très intéressant que j’ai pris plaisir à découvrir !

June abandonne son mari pour partir en voyage avec son amante, Elsa. Cette dernière n’a qu’une idée en tête, aller retrouver la maison des Carpenter. Il se dit que dans cette maison, la débauche y est reine et les tabous inexistants…

J’ai aimé ma lecture d’une part pour l’écriture. La plume de Virginie Bégaudeau est très agréable et l’on rentre dans le récit immédiatement. Elle apporte une petite touche de suspens qui fait que l’on veut toujours en savoir plus sur les péripéties qui ponctuent la vie de June chez les Carpenter. J’ai apprécié ce fait puisque c’est assez rare en littérature érotique à mon sens. De plus, on a une petite impression de lire une espèce de thriller sexuel avec ce côté « secte » de la maison Carpenter qui est aussi fascinant que repoussant par certains aspects.

J’ai aimé le pan « émancipation » du livre. On sent chez June une envie de liberté, une envie de se couper de ses limites habituelles avec son petit mari et son quotidien. Elsa est l’élément déclencheur mais c’est véritablement chez les Carpenter que la libération sexuelle de cette jeune femme se fait (bien que le joug « Adrian » se fasse sentir de manière prégnante). J’aime beaucoup lorsqu’un roman met en valeur cette émancipation des femmes et le fait que cela se traduise ici par un affranchissement sexuel m’a séduite.

Et puis il y a des figures qui ressortent du roman. June pour les raisons évoquées précédemment, et surtout Adrian, chef de file de la maison Carpenter. Enigmatique, il nous apparait parfois fascinant, d’autres fois atroce. C’est un personnage ambivalent qui m’a fait pencher la balance vers le négatif à son égard. Elsa est un peu pareille. Très charismatique et captivante en premier lieu, elle révèle au fur et à mesure des pans de sa personnalité qui m’ont un peu déçue et m’ont fait prendre de la distance. En revanche, le personnage de Sacha est agréable à suivre, beaucoup plus doux et l’on ressent beaucoup d’affection à son égard. On comprend tout de suite qu’il ne cherche que le bien de June.

En définitive, June est un roman érotique qui est original par ses péripéties, cette fameuse maison des Carpenter et ses personnages hauts en couleur. Une belle découverte !

6 thoughts

  1. Ce n’est pas un genre que j’apprécie et que je lirais forcément, néanmoins, cette découverte reste hyper intéressante. J’adore le parti pris et les couvertures sont très sympathiques.

  2. Déjà je trouve les couvertures superbes !

    En lisant tes chroniques, l’histoire du premier me tente plus… j’aime bien le concept d’aller jeter un œil dans le trou de la serrure du voisin. :)

    Merci pour la découverte !

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