Bi live in me – Tan Hagmann

bi live in me

Merci à Tan Hagmann pour m’avoir proposé son roman et qui est très sympathique ! :)

Titre et auteur : Bi Live In Me de Tan Hagmann

Maison d’édition : Textes Gais

Date de publication : 28/07/2015

Nb pages : 174

Résumé :

« Dire qu’au début, ce n’était que par jeu ! Un pari qu’il s’était lancé à lui-même de rendre fou de lui ce garçon qui, dès le premier regard, était tombé sous son charme. Sauf qu’il n’avait pas prévu que le piège allait se refermer sur lui. […] L’arôme d’une peau à la douceur traîtresse lui était monté à la tête. Et, aujourd’hui, ses nuits elles aussi revenaient avec leur lot de rêves érotiques. De cauchemars… »

Entre muses et musique, l’histoire de la longue valse-hésitation d’un jeune saxophoniste qui, confronté brutalement à la beauté, a peur de confondre émotion amoureuse et émotion artistique.

Avis : ★★★☆☆

Bi live in me est un roman très agréable, très poétique je dirais même.

Dans ce texte, nous faisons la rencontre d’Andréa, 20 ans, musicien passionné et tombeur de ces dames, et de Kristian, 19 ans, mannequin et homosexuel. Tous les deux vont se rencontrer au gré de soirées et d’entremetteurs inconscients, pour mieux s’appréhender et se connaître par la suite.

J’ai aimé cette histoire pour beaucoup de raisons, mais je préfère tout de suite évacuer quelques points qui m’ont un peu dérangée.

D’une manière totalement subjective et arbitraire, injuste et inconnue de moi jusqu’à présent, je n’aime pas les hommes aux cheveux longs. Ca m’hérisse les poils, je ne sais pas pourquoi mais c’est ainsi ! Or, les deux personnages principaux ont les cheveux longs : Malheur (mais bon, j’aurais du m’y préparer avec la couverture) ! Cela a provoqué en moi une sorte de mini blocage au départ, je vous l’avoue, ce qui est ridicule, je l’avoue encore une fois. Heureusement, je ne me suis pas focalisée là-dessus, j’aurais de cette manière loupée bien des choses plus intéressantes !

L’écriture m’a rendue perplexe au départ. Les tournures de phrases ne sont pas du tout celles auxquelles nous sommes accoutumés. Cela rend le style un peu complexe et honnêtement, j’ai eu du mal à comprendre certaines phrases au point de devoir les relire plusieurs fois. Je ne crois pas avoir déjà lu un texte avec un style identique. Sans exagérer, je dirais en comparaison, que je me suis beaucoup plus vite adaptée au style de Proust que celui de Tan Hagmann. C’est très étrange. Cela dit, je m’y suis fait au bout d’un moment, je ne parle que de l’entrée en matière, le style nous devient ensuite plus familier et plus aisé à lire. Très brièvement, je dirai que j’ai trouvé la rédaction un peu trop alambiquée pour qu’elle me soit entièrement agréable.

Cependant, j’ai relevé des phrases qui m’ont semblé très joliment formulées et j’ai trouvé une certaine musicalité au texte au fur et à mesure de ma lecture qui était loin de me déplaire. La plume de l’auteur est très poétique dans la forme mais surtout dans le fond. Venons-en d’ailleurs à ce dernier.

Je ne suis pas du tout passionnée de musique dans la vie, mais lorsqu’il en est question dans un roman, j’adore ça. J’étais quasiment certaine avec ce thème de ressentir beaucoup d’émotions à travers ma lecture et ça n’a pas loupé. Toutes ces émotions, tous ces sentiments surgissent non seulement grâce à la musique mais aussi grâce au musicien, Andréa. Pour être honnête, je pensais avant ma lecture que je n’allais pas forcément adorer ce personnage mais plutôt Kristian. En réalité, Andréa m’a énormément touchée, je l’ai vraiment trouvé admirable !

Il nous apparait comme un personnage prétentieux et détestable au début du livre mais quel régal de le découvrir sous un nouveau jour au fur et à mesure. Il s’avère extrêmement sensible et agréable en réalité. A chaque fois qu’il se retrouve avec Kristian une fois leur union « consommée » si j’ose dire, il est tout simplement adorable. La relation qui l’unie avec sa musique est très intéressante à observer. On sent qu’il y prend un grand plaisir mais qu’il est enchaîné, quelque part, par sa passion. Il est son maître et son captif à la fois. J’ai vraiment aimé cette ambivalence.

Kristian, m’est apparu comme un personnage plus réservé, j’ai moins réussi à l’appréhender. J’ai appris qu’il s’agissait plus ou moins de la suite de Sage comme une image (que je n’ai pas lu) et c’est peut-être pour cette raison que j’ai moins réussi à percevoir l’entièreté du personnage de Kristian que ceux qui ont lu l’autre roman le mettant en scène. Ce que j’ai aimé, ce sont ses différents surnoms. Kristiann, Kristian, Kris, Kri, chacun de ces noms a une signification différente et j’ai beaucoup aimé ce fait. En fonction de la relation qui les lie à Kristian, les personnages l’appellent chacun à leur manière et nous pouvons percevoir de cette façon la profondeur et sincérité des liens. Ce personnage souffre. Sa souffrance est réellement palpable et cela m’a réellement peinée à certains moments du roman.

Nos deux personnages ne deviennent véritablement un couple qu’au deux tiers du livre et c’est une véritable explosion de bonheur qui nous est offerte à ce moment-là. J’ai vraiment savouré leur relation en même temps qu’eux. Cette sincérité qui émane des deux parties est très touchante.

Tous les personnages secondaires m’ont paru bien construits et importants. J’ai beaucoup aimé Gaëlle qui apporte une touche de gaieté au roman et de soutien à son frère. J’aurais en savoir un peu plus à son propos, mais je suis tout simplement trop curieuse.

Autre point qui m’a vraiment fait apprécier ce roman, c’est l’opposition entre les deux mondes professionnels de nos protagonistes. La musique d’un côté, qui à mon sens représentait la délivrance et le bonheur et le monde de la mode, représentant l’oppression et le matérialisme. Avoir une vue d’ensemble sur ces deux univers est très intéressant ! J’étais à certains moments scandalisée par la manière dont est traité Kristian. Lorsqu’il doit s’apprêter pour défiler et se retrouve entre les mains de ceux qui le « préparent », il n’est plus que l’ombre de lui-même. Considéré comme un objet, un faire-valoir de la mode, il n’existe plus à proprement parler. L’être humain Kristiann Jorgensen n’est plus lors de ces instants…

En bref, Bi live in me nous offre une belle romance homosexuelle sur fond réaliste. Les thèmes se bousculent, toujours très bien exploités. Seule l’écriture m’aura bloquée par moments, ne m’empêchant cependant aucunement de prendre grand plaisir à la lecture du roman.

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